La chronique
C’est avec cet album que l’on commencera à évoquer Holden par-delà le cercle des initiés. Et l’on en fera de même avec les productions de Benjamin Biolay ou Autour De Lucie. Parrainé par Jean-Louis Murat (qui prête sa voix dans le duo «L’orage »), Chevrotine décline un tendre sentiment mélancolique, néanmoins soutenu par des rythmes jamais aux abonnés absents.
L’équilibre entre textes désabusés et pop chatoyante tient en fait à plusieurs reprises du petit miracle. Intimisme et minimalisme se partage différents climats (comme l’audacieux - dans son décharnement - « Ce que je suis » en ouverture du disque), et le groupe n’oublie jamais tout à fait (« Madrid ») ses obsessions latines. La sophistication de l’ensemble fait rapidement voler en éclats l’étiquette de pop néo yé-yé qu’on avait accolée sur le groupe, car le désordre de l’abandon, et la mélancolie (« Les Cigales ») se prêtent mal à la superficialité du genre. Françoise Hardy avait en son temps démontré que les petites choses, les humbles sentiments des gens de peu, pouvaient inspirer de grandes chansons. Le raffinement et l’élégance de la musique d’Holden le confirment. Christian Larrède
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