La chronique
Ce projet de musiques du monde du compositeur Claus Zundel, alias The Brave, vise à remettre en lumière et au goût du jour la culture et les chants traditionnels des Indiens d’Amérique, représentés ici par des chanteurs des peuples Sioux, Navajos et Pueblos (et, étrangement, Lapons). L’album s’est vendu à des millions d’exemplaires dans le monde, a été nominé aux Grammy Awards dans la catégorie « meilleur album new age » en 1995, et, alors que cette catégorie est habituellement mieux représentée dans les pays anglophones, il a été plébiscité en Europe et s’est classé numéro 1 des ventes en France, cet été là.
Il comporte en effet de très beau passages, comme « Yeha-Noha (Souhaits de bonheur et de prospérité) », « Dawa (Chanson du berceau ) » qui reflètent donc la nature spirituelle du projet, des parties plus rythmées comme « Ly-O-Lay Ale Yoya (La danse circulaire) », reflétant sa nature tribale, alors que l’ajout d’un orchestre de cordes en garantit sa nature émotionnelle.
Mais dans l’ensemble, ce premier album de Sacred Spirit pâtit sérieusement de l’ajout souvent superflu d’une musique electro vraiment élémentaire. Dance et synthétiseurs refroidissent et alourdissent des atmosphères qui auraient été propices à l’éveil spirituel recherché. Une faute que l’on peut imputer à la mode de l’époque, et au passé de producteur à succès de Claus Zundel.
Ce disque est en tout cas celui qui a fait connaître le compositeur dans le monde entier et lui a permis de poursuivre avec d’autres beaux projets en revenant aux origines du flamenco, du blues, etc. Plus qu’à un divertissement c’est à une réflexion à la fois personnelle et globale qu’invite ce disque typique du mouvement New Age, que les amateurs du genre redécouvriront avec plaisir malgré ses défauts.
Anne Yven
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