La chronique
Comme son titre l’indique, Caravane, troisième album de Raphaël, pousse plus loin les obsessions du chanteur vers des voyages réels ou imaginaires. La chanson-titre est digne de l’idée qu’on peut se faire d’un Manset juvénile, une ballade au vent menée par une guitare espagnole sachant rester sobre.
Le jeune musicien et chanteur est comme toujours impressionnant de calme dans son approche des ballades à dominante acoustique tout juste surlignées par quelques lignes électriques de guitares et claviers. Loin de l’image du chanteur sensible pour adolescentes en pâmoison, Raphaël est un perfectionniste attentif aux couleurs enveloppant ses mélodies et aux détails de production infusant chaque titre. Quant au parolier, il n’a certes pas encore l’épaisseur et la distance que confère l’expérience, mais il possède la fraîcheur de l’innocence et de la sincérité dans ses engagements, ce que certains de ses aînés opérant dans le même registre ont oublié depuis belle lurette.
Quand il s’écarte de la thématique du voyage, Raphaël trempe son âme sur des sujets morbides : « C’est bon aujourd’hui » évoque la guérison d’un cancer des poumons, la « Chanson pour Dewaere » rend un vibrant hommage à l’acteur disparu, « Et dans 150 ans » prospecte sur les ravages du temps, etc. Cependant, il reste toujours une lueur d’espoir dans chacune de ces ballades pop-rock mid-tempo.
Chacun peut trouver son compte dans Caravane, ce qui est peut-être l’explication de l’énorme succès de cet album générationnel, allant bien au-delà de la sphère lycéenne.
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