La chronique
Pierre Boulez n’a jamais oublié d’où il venait et surtout, qui il admirait. Et en matière de syncrétisme, Incises est la parfaite illustration que Boulez est capable de tirer un peu de chacun de ses maîtres et produire un commentaire sous forme d’hommage général à Stravinsky, Bartok et Sacher.
Pièce courte en deux morceaux, Incises associe les harpes et les pianos au cours de trois mouvements fluides et dynamiques, certes un peu répétitifs dans leur structure (c’est du Boulez) , mais doté d’une construction sérialistique permettrant toutes les variations en fonction du chef d’orchestre qui le fait jouer et des musiciens qui l’interprètent.
D’abord chef d’orchestre, Boulez n’oubliait pas la place centrale représentée par ce maître d’œuvre au milieu de ses artisans et donnait ainsi l’occasion à ses éminents confrères d’apporter à leur tour une pierre au développement du sérialisme. Retravaillé dans les années 1990 par le compositeur, ils prennent alors quelques accents plus wagnériens, sans doute lors d’un moment de précieuse nostalogie de l’auteur.
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