La chronique
Pierre Boulez a toujours aimé l'école poétique surréaliste, de René Char à Henri Michaud. S'il rendit hommage à ces deux rimeurs, il était normal que leur comparse Stéphane Mallarmé ne devienne à son tour l'un de ses sujets d'inspiration.
Ce Pli Selon Pli est une sorte de patchwork symphonique suivant l'évolution de la carrière et de la vie du poète plutôt qu'une véritable décalque musicale de son ?uvre qui se contenterait de plaquer quelques accords sur ses textes.
Evoquant plus que récitant, cette pièce reprend quelques-uns des vers les plus notables d'une grande partie de sa production littéraire, ces derniers devenant autant de supports sur lesquels Boulez peut laisser courir les instruments de son orchestre en respectant les règles du sérialisme, à savoir, laisser l'interprète libre d'intervenir sur tel ou tel segment du morceau en fonction de son feeling.
Morceau à la fois charnel et atonal (typique dans le style de Boulez, d'ailleurs), qualifié de « monotone et charmant » par Igor Stravinskiy Pli selon pli est à la fois l'alpha et l'omega de l'?uvre de Boulez. L'épicentre de son style.
Réagissez