La chronique
Que l'amateur ne recherche pas ici de craquements dus à la transcription en numérique d'antiques disques vinyles 78 tours, les deux albums repris dans le coffret Botyiaki Ntembe sont constitués d'enregistrements récents du père de la rumba congolaise.
Ré-enregistrements surtout de ses titres historiques que Wendo Kolosoy a effectué après son retour en grâce des années deux-mille. A la différence d'un Compay Segundo, ressorti lui aussi de l'oubli après une carrière longuement interrompue, Wendo Kolosoy n'est pas devenu une star internationale sur le tard. Il ne s'est pas trouvé de Ry Cooder, ni de Wim Wenders pour se pencher sur le sort de l'artiste congolais, le film On the Rumba River de Jacques Sarasin en 2007 étant loin du retentissement de Buena Vista Social Club.
Que reste t'il donc de cette fameuse rumba des origines sur Botyiaki Ntembe ? Déjà rien de sulfureux, bien au contraire la rumba de Wendo Kolosoy paraissant bien calme aux oreilles contemporaines, presque alanguie à la limite d'une lounge africaine, en aucun cas une musique de danse enflammée et démoniaque. Même la fameuse « Marie-Louise » ne risque plus guère de réveiller les morts si elle est jouée à minuit.
Mais si le côté révolutionnaire de cette rumba congolaise des années trente - encore très influencée par la rumba cubaine et peu africanisée - s'est évaporé dans les brumes du temps, il reste la délicatesse et le charme un rien suranné d'arrangements légers, du swing naturel de la voix de Wendo Kolosoy.
Botyiaki Ntembe offre un voyage aux origines de la musique de danse africaine actuelle, un de ces voyage qui s'accomplissent le sourire aux lèvres, le pied léger et l'oreille charmée.
François Alvarez
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