La chronique
Bleu Pétrole s'annonce déjà comme un album de transition, tant au niveau du style musical que sur le plan des collaborateurs d'Alain Bashung.
Ce disque voit le créateur solitaire faire appel à des plumes réputées, tel Gérard Manset qui co-signe trois titres dont le lyrique « Je tuerai la pianiste » et « Comme un lego », l'un des meilleurs moments du disque. La troisième signature n'est autre que la reprise du classique « Il voyage en solitaire ».
Autre personnalité marquante de ce disque atypique, le compositeur et producteur de Louise Attaque Gaétan Roussel. Sa présence influe sur l’atmosphère country-rock de certains titres, notamment « Résidents de la République », avec sa pointe d'ironie. Il adapte également le titre « Suzanne » de Leonard Cohen, dans la version réalisée par Graeme Allwright.
Dans cet ensemble en demi-teinte où un goût d'amertume prédomine, de nouveaux auteurs se voient confier la responsabilité d'un titre, en forme d'hommage de l'élève au maître. Arman Méliès se lance dans un « Vénus » lyrique, et Joseph D'Anvers apporte un admirable « Tant de nuits ».
Le New-Yorkais Mark Plati officie à la production d'un disque soigné à l'extrême et majoritairement acoustique, dans lequel Bashung semble endosser la stature d'un Johnny Cash français. Telle est la sagesse de celui qui jadis a déplacé les lignes du rock d'ici. Un costume qui lui sied à ravir.
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