La chronique
C'est fou ce qu'un bon groupe et une bonne chanteuse peuvent faire. Un disque aussi merveilleux qu'inattendu par exemple. Que le groupe de rap le plus musicalement brillant du moment s'acoquine à une vieille gloire de la soul pouvait pourtant laisser craindre le pire en matière de tambouille réchauffée.
C'est oublier que si elle n'a jamais atteint un statut de superstar, Betty Wright est une sacré bonne femme, et une voix admirable. Passée par le rhythm 'n' blues adolescent avec « Clean Up Woman » alors qu'elle a tout juste dix-sept ans, Betty Wright a ensuite négocié avec ruse le virage du disco, tout en restant un second couteau de la soul totalement crédible.
Et là, la voici en diva, posant des vocaux d'une extraordinaire justesse sur un album de soul actuelle fort bien troussé. Le regard dans le rétro avec le parfait « Old Songs », en avant toute sur « Real Woman » où Snoop Dog vient confesser son amour de la soul. Autre garnement venu chercher l'adoubement de la dame, Lil' Wayne repart avec le magnifique « Grapes on a Wine » sous le bras.
Et ce n'est rien comparé au très prenant « Hollywould » et sa rythmique lourde à la sourde violence qui oblige Berry Wright a montrer les crocs. « Whisper in the Wind » avec l'élève Joss Stone est plus prévisible et reste dans la moyenne de la production neo-soul.
Betty Wright: The Movie n'est pas un cabotinage superflu, mais bien le retour de la soul sur grand écran, 3D, HD, et son 5.1 en sus.
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