La chronique
Les Concertos n°2 et 3 ont été enregistrés par Deutsche Gramophon en 2004. Claudio Abbado est à la direction du Mahler Chamber Orchestra, créé par le chef en 1986.
Martha Argerich est au piano pour ces deux concertos de Beethoven.
C'est le Concerto n°3 qui ouvre le bal. Le couple Claudio Abbado/Martha Argerich fonctionne à merveille dès les premiers instants. L'orchestre, tout en finesse, semble décupler les volontés de Beethoven dans cet unique Concerto pour piano en mineur. Le jeu de l'argentine est juste, sans plonger dans le pathos. Tantôt en soutien, tantôt en opposition, le piano de Martha Argerich est balancé entre un orchestre porteur ou des cordes plus subtiles, semblant l'abandonner dans la détresse du troisième Concerto.
La combinaison avec le Concerto n°2, de 4 ans l'aîné du Concerto n°3, redonne du dynamisme à l'enregistrement. Plus classique, ce Concerto emprunte à la structure des ?uvres de Mozart. Cela apporte une rythmique qui emballe l'orchestre et pousse le piano de Martha Argerich.
La pianiste renoue avec les Concertos de Beethoven 20 ans après sa dernière interprétation, en apportant une expérience et une maturité qui lui permettent d'affronter à armes égales le Mahler Chamber Orchestra. La direction de Claudio Abbado est comme souvent proche de la perfection. Le maestro joue de sensibilité et de subtilité autour du piano de Martha Argerich. L'émotion dégagée par cette interprétation en ressort grandie.
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