La chronique
Un Prix Constantin et 300 000 exemplaires écoulés de son premier disque éponyme (2007) plus tard, et l'on peut à posteriori considérer que la Franco-Nigériane fut la délicieuse révélation, toute en énergie, de la scène hexagonale (puis européenne, puis...) de ces derniers mois, et le rappel simplissime que, parfois, les artistes authentiques et talentueux réussissent.
Produit par Benjamin Constant, ce deuxième opus (si on laisse sous le boisseau un Live In Paris de 2009 en sympathique instantané) ravira les amateurs de world music mainstream, et d'afro-folk à forte connotation reggae. Sur un doux tressautement de guitare, « Why Can't We » bat le rappel de tout ce qu'on a aimé chez Tracy Chapman. C'est une atmosphère mystérieuse (aux claquements de doigts en réminiscence de West Side Story, à la pulsion nerveuse empruntée à « Fever », et autres intenses élans érotiques) qui nimbe « The Way I Feel ».
Les années soixante ressuscitent dans les entrecroisements d'orgue, cordes et cuivres en sourdine de « Be My Man ». « Bimpé » rappelle les origines africaines de la jeune femme, sur un tempo sautillant, mais jamais putassier. Quant à « Preacher Man », bel immobilisme mélancolique, qu'on aimerait de toutes ses forces réminiscence du « Son of a Preacher Man » de Dusty Springfield, tant la soul de l'aînée pourrait inspirer celle de la cadette, elle démontre qu'Asa a mis ces derniers mois parfaitement à profit, pour développer son sens des refrains, et des sentiments qui enflent comme voiles au vent.
Asa est une artiste attendrissante, sans que l'on implique la moindre commisération en la matière. Beautiful Imperfection est un album touchant, aisé, mais pas facile, swing et sensible, gorgé de cette imperfection qui nous est tous donnés, et de cette beauté qui n'est donné qu'à Asa.
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