La chronique
« Tryin' to get me go to rehab, I say no, no, no » clame le hit de l'année 2007 avec cette voix époustouflante tout droit sortie d'un standard des Supremes. Qui n'a pas été bluffé d'apprendre après une première écoute que cette voix n'était nullement celle d'une légende soul sur le retour ou d'une fille noire extraite d'un taudis de Detroit et poussée par ses parents, mais bien celle d'une jeune Anglaise de la classe moyenne ?
L'illusion se poursuit sur la totalité d'un album à la production rétro, aux rythmiques sautillantes et aux cuivres omniprésents assurés par The Dap-Kings - le groupe de Sharon Jones - qui n'est pas sans évoquer la Dusty Springfield de Dusty In Memphis (1968) enregistré dans les studios Stax.
Sur ces onze compositions originales, Amy Winehouse - la fille aux douze tatouages et autant d'addictions - flirte avec les canons du genre : l'infidèle invétérée (« You Know I'm No Good »), la jalouse (« Me & Mr. Jones » qui serait une référence au rappeur Nas, une de ses connaissances), la joueuse amère (« Love Is a Losing Game ») et la veuve fatale (le somptueux « Back to Black »), très à l'aise dans ces langoureuses ballades.
Classique instantané, Back to Black recèle dans ses atouts une voix capable de prendre l'auditeur dans ses filets pour ne plus le lâcher. Devant le succès phénoménal de l'album sur la longueur (parallèlement aux frasques de la chanteuse), celui-ci est réédité un an après dans une version double deluxe (sous couverture noire) incluant sept nouveaux titres, dont le classique inattendu « Valerie » popularisé par Mark Ronson.
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