La chronique
Dans son onzième album (trois années de chauffe après X), annoncé comme un retour à ses racines, Kylie Minogue joue effectivement tapis dès son premier refrain (« All The Lovers ») et annonce clairement son propos : faire danser, dans une synthèse soyeuse de trémoussement et d'extase. Grâce à un son épais et clair à la fois, la cible reste donc de prendre du bon temps, et d'esquisser quelques pas de danse sans arrière-pensée.
Pour ce, la star a su s'entourer d'une efficace brigade de compositeurs ou d'invités (The Nervo Twins, qui ont énormément fait pour la renommée mondiale de David Guetta, ou Jake Shears, vocaliste en congés des Scissor Sisters), tous à l'aise comme des enfants dans le pot de confiture de mélodies catchy, déclinant les fondamentaux de la dance-pop. Naturellement, la patronne, avec sa voix en murmure d'enfant chahuteuse, entraîne le tout par le dynamisme facile qu'on lui connaît.
L'Australienne de poche ne commet que quelques fautes de goût (la ballade « Everything Is Beautiful », qui lui va comme une brosse à dents à une poule de Bresse), mais c'est (encore) de l'âge de la toujours séduisante quadragénaire. En fait, et encore une fois, la grande affaire d'Aphrodite reste le remarquable travail du producteur britannique Stuart Price (New Order, Missy Elliott), qui applique ici une recette identique à celle utilisée auprès de Madonna : un son implacable, mais clair, en une stratification particulièrement pertinente des différentes sonorités.
On reprochera à Aphrodite de n'offrir qu'une succession de clichés, alors que c'est dans cette ivresse des conventions que l'album puise sa force : après le néant, il reste la piste de danse. Un disque qui ne provoquera pas de migraine, mais des fourmillements dans les jambes.
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