La chronique
On ne sait si les études de psychologie (succinctes, les études) entamées par Kesha Rose Sebert facilitent son parcours dans la dance pop (son univers impitoyable), mais on peut saluer la maîtrise que développe la jeune femme (vingt-deux ans à peine) dans le premier degré. De l'intitulé de son premier album, à l'exhortation qui figure à l'intérieur du livret (It's party time !), on saisit parfaitement où l'on met les pieds, et pourquoi : pour s'agiter sur la piste de danse.
Après avoir collaboré avec Flo Rida et connu en sa compagnie un premier Top 100, et assuré une figuration dans un vidéo-clip de Katy Perry, la native de Californie, mais grandie à Nashville (Tennessee) a donc fait pour son premier effort appel au DJ Benny Blanco, ainsi qu'au compositeur Max Martin et au producteur Dr. Luke, une dernière paire clairement identifiée depuis des années dans le staff de Britney Spears...pour laquelle Ke$ha a jadis assuré les ch?urs. Pour le reste, la chanteuse, participant à l'écriture de l'ensemble des quinze chansons du disque, et farouchement décidée à offrir du bon temps sans arrière-pensée à son public, n'est peut-être pas la blonde écervelée (et à craquantes taches de rousseur) que l'on peut penser.
Cela dit, certaines de ses poses à la Cyndi Girls Just Wanna Have Fun Lauper laissent planer le doute. En tout état de cause, tranchante comme une mécanique bien huilée, sa musique, soyeuse, et enjouée, n'en laisse pas moins à plusieurs reprises transparaître une fragilité induite, qui laisse accroire qu'il y a une vie après les parties. Et cette artiste, qui se rêve comme un mix improbable entre les Beastie Boys et Madonna, délivre ici le meilleur album de Salt-N-Pepa depuis belle lurette. En outre, et même si cela ne s'avère pas primordial dans le contexte, on peut considérer que ses textes, directement hérités du sens autobiographique de la country qui a bercé son enfance, dénotent un beau brin de plume.
C'est sans nul doute cet atout qui devrait permettre à Ke$ha de mener carrière, et pas de voir sa trajectoire désintégrée après quelques instants de gloire. Les deux premiers singles extraits d'Animal (« Tik Tok », utilisé comme générique d'une série du câble et numéro un instantané en Nouvelle-Zélande, et « Blah Blah Blah » et ses claquements de mains roboratifs) sont des tubes chevillés à l'âme des night-clubbers, avant même d'avoir achevé leurs tours de piste.
Christian Larrède
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