La chronique
Contrairement à ce qu'un examen superficiel pourrait laisser penser, le nouvel album d'Amanda Lear ne constitue pas un évènement si considérable ou inattendu que cela, dans la mesure où l'une des personnalités les plus troubles du biz international (depuis un certain « Follow Me », 1978, sous influence Sacher Masoch), ne s'est pas contentée depuis le siècle dernier d'exclusivement se consacrer à la télé-réalité, ou aux remugles faisandés de la presse people, mais a poursuivi, avec constance sinon adhésion populaire, l'enregistrement de disques durant les décennies écoulées.
Si le fidèle Peter Wilson apparaît comme auteur sur un titre, madame Lear semble, pour ce qui est identifié comme son seizième album, avoir élargi le cercle de ses relations, faisant appel à des talents de deux continents, tour à tour britanniques, français et australiens. Ainsi, Louis Prey (de Ping Pong Bitches, reines de l'electro pour backrooms) ou Joe Moscow (empereur du cirque dub avec les Reverend and the Makers) ont répondu à l'appel de l'ambiguë égérie, pour un résultat synthétique - à tous les points de vue - qui se veut comme la glorification simultanée de la dance, de l'electro-disco en héritage de ses très riches heures déclinées par l'école germanique, et d'un rock qui lorgnerait plus que de raison sur quelques archétypes du Velvet Underground, entre acidité et répétitivité.
Du rétro à la plus frénétique des actualités, c'est donc un périple musical dans le temps que nous propose, dans cet album, une chanteuse peu farouche face, tant à l'ivresse des dance-floors qu'à une pop-rock qu'elle se souhaite manifestement comme encore davantage fédérative. Ainsi, après la cavalerie dance d'usage (les six premières chansons), Lear s'essaie à raviver les parfums néo-impressionnistes d'une atmosphère qui ne pourra que séduire les fans de la comédie musicale Cabaret (« Icon »). De même, « La bête et la belle » ne laissera pas insensible ce qui ont grandi aux sons des riffs du « Waiting For My Man » de Lou Reed.
Un disque qui ravira les laudateurs de la dame, qui plongera dans l'extase les danseurs, et qui fera consulter compulsivement leurs agendas tous les autres : oui, nous sommes bien en 2012.
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