La chronique
Une « Intro » façon crooner crée d'emblée l'ambiance. Wayne Beckford, prince anglo-jamaïcain de la neo-soul, avait fait sensation en 2009 avec son single « Dynamite », petite perle dancefloor entre soul festive et hip hop guilleret. Son premier album, Alpha Omega était donc fortement attendu.
D'autant que le chanteur se met la pression tout seul. « J'ai décidé de faire cet album pour raconter mon histoire. Je l'ai composé avec rage et passion, avec tout mon c?ur et toute mon âme. Ce disque, c'est vraiment moi ! Et il était temps... », confiait-il il y quelques semaines. Et c'est vrai qu'il était temps. Compositeur et producteur réputé (notamment pour Akon, Black Eyed Peas, Rihanna, Gnarls Barkley, Outkast, Seal, UB40, Oxmo Puccino ou encore China Moses (que l'on retrouve ici sur « Come On Over »), Wayne Beckford est aussi un interprète survolté et talentueux, comme l'attestent la plupart des morceaux de cet Alpha Omega. De l'entêtant « Talking Trash », petite perle funk soul, au plus formaté mais très efficace « Go Mama » et ses cuivres intemporels, l'Anglais livre un album qui en dit évidemment plus sur lui que ses multiples collaborations de « hit maker ».
Globalement assez enlevé, le rythme imposé par son album a le bon goût de donner envie de faire la fête sans passer par des schémas musicaux putassiers ou faciles. Véritable homme orchestre et auteur de génie, Wayne Beckford signe ici un disque diablement énergique. La soul de Wayne Beckford convoque les méthodes d'arrangements du passé en se servant des techniques de productions actuelles avec beaucoup de cohérence. Et même si des titres plus attendus (le lent et mielleux « We're In Need of Love », le très R&B 90's « Let It Rain ») ternissent un tantinet le tout, Alpha Omega n'en demeure pas moins l'une des meilleures surprises du genre de ce premier semestre 2010.
Arnaud de Vaubicourt
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