La chronique
Bien que le travail de Stivell ait considérablement ouvert des perspectives de réussite pour des groupes de musique traditionnelle et ethnique en France à partir de 1972, avec cet album publié en 1976, Malicorne devient le fer de lance d'une musique folk s'appuyant à la fois sur la légende et l'innovation. La bande de Gabriel Yacoub (qui se distinguera ensuite en solo) a tout simplement réveillé les fiertés régionales et pas seulement des bretons puisque Malicorne puise son inspiration dans les répertoires du Berry, de la Champagne, du Poitou jusqu'aux provinces québécoises.
Avec la combinaison d'instruments traditionnels (vielle, dulcimer, bouzouki, mandoloncelle, harmonium, cornemuse et épinette des Vosges) et d'arrangements totalement revus par le couple Yacoub, le compositeur Hugues de Courson, le violoniste Laurent Vercambre et le bassiste Max Picout, Malicorne sert une musique folk qui n'est pas que bucolique et fleurie. La tristesse perce ainsi dans « Le Luneux », interprété par Marie Yacoub, « L'Écolier assassin » et « Les Tristes noces », titre auquel participent leurs acolytes du groupe La Bamboche.
L'album est un concept illustrant chaque mois du calendrier par une chanson traditionnelle. A cappella (« Margot », « Voici venir le joli mai »), mais surtout à danser (« Voici la Saint-Jean ») et à chanter en chœur, les chansons ressortent du patrimoine sous un nouveau jour puisque Almanach, devenu disque d'or, à permis à Malicorne de porter cette vague folk au-delà des frontières hexagonales.
Anne Yven
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