La chronique
Sous intitulé espagnol (Âme), cet album rassemble donc un trompettiste et joueur de bugle sarde, un pianiste cubain, et un arrangeur brésilien (le violoncelliste Jaques Morelenbaum, illustre collaborateur d'Antonio Carlos Jobim ou Gilberto Gil, mais également orchestrateur du très illustre Café Atlantico de la regrettée Cesaria Evora, intervient ici sur quatre pièces).
En outre, les deux leaders se partagent les pédales d'effets, boîtes à rythmes, et autres machines de studio. L'ensemble des compositions sont originales - signées en alternance par Sosa ou Fresu ou les deux - à l'exception d'un « Under African Skies » emprunté au répertoire de l'américain Paul Simon, et extrait du légendaire album Graceland.
Le caractère international de l'entreprise ne garantit pas sa qualité, certes. Mais elle atteste en préalable de ses richesses d'écoute, de complémentarité, et d'empathie. Et c'est exactement de cette façon que nous saisit la beauté d'Alma : sertie des mille arpèges du piano, la trompette de velours s'envole dans le ciel comme un oiseau fragile, et les deux pupitres explosent en autant de feux d'artifices d'inventivité, et d'improvisation magnifiée.
Une écoute, même distraite, de l'?uvre, ne peut que saisir par l'absolue beauté qu'elle laisse entrevoir. Paolo Fresu avait déjà offert quelques incunables d'un jazz after-hours sensuel. Omar Sosa (dont le précédent album, en solo absolu, s'intitulait Calma, comme c'est étrange....) porte désormais haut un jeu pianistique quasiment liturgique. Ensemble, ils écrivent une nouvelle page vibrante de la musique contemporaine (pas du jazz, étiquette par trop restrictive face à tant de grâce).
L'un des meilleurs albums de l'année, ce qui ne laisse pas de compliquer la tâche, dans la mesure où nous ne sommes qu'au moins de janvier.
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