La chronique
Porté par le tube « Fat Lip », ce deuxième album de Sum 41, paru en mai 2001, marque un virage pour le groupe : il leur permet de passer du succès confidentiel au rang de stars mondiale. All Killer, No Filler restera leur best-seller… Le disque se vend en effet à plus de trois millions d’exemplaires dans le monde en à peine plus d’un an. Surfant sur la vague punk pop sympathique de blink-182, les petits canadiens livrent ici un album jovial, où chaque morceau est d’une efficacité mélodique redoutable, peut-être en partie grâce au producteur Jerry Finn (Green Day, blink-182…) que l’on retrouve aux manettes. « Nothing on my Back », « Motivation », « Fat Lip », ou « In Too Deep » deviennent dès la première écoute des hymnes de punk mélodique imparables. Si les textes de Deryck Whibley restent parfois à la surface, force est de reconnaître la facilité qu’a le (très) jeune homme à placer sa voix, fidèle aux codes du punk. Vendu à plus de 3,5 millions d’exemplaires dans le monde (dont plus de 2 millions aux Etats-Unis), ce All Killer, No Filler est définitivement – avec Enema of The State des blink-182 paru un an et demi plus tôt - l’une des pierres angulaire du renouveau du punk du début des années 2000.
Souvent vus comme les « petits frères » des californiens, les quatre canadiens se libèrent, grâce à ce disque totalement décomplexé, de l’ombre des blink-182 ou de The Offspring, jusqu’alors locomotives incontestées du genre. La suite de la carrière de Sum 41 sera plus marquée par l’engagement (œuvres caritatives etc…), ce qui fait de ce disque le dernier album « innocent » et foncièrement épicurien du groupe.
Arnaud de Vaubicourt
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