La chronique
C'est ce qui s'appelle un véritable disque pop, d'une pop généreuse - et pas prétentieuse pour un sou. Une pop bien française mais assumant ses influences anglo-saxonnes. Cette pop, c'est celle qu'Housse de Racket avait commencé à cultiver, laborieusement peut-être, sur son premier album, Forty Love (2008). Après des mois de tournée et de réflexion, le duo français originaire de Chaville choisit de faire appel à Philippe Zdar, moitié de Cassius de plus en plus férue de ses activités de producteur.
La production, aussi impeccable soit-elle, ne fait pas tout. Force est de constater un beau travail de composition, et des titres - ou plutôt des tubes, d'une efficacité assez rare dans la pop hexagonale. Il y a « Human Nature », qui ouvre avec majesté ce second opus. Un peu après, « Château », premier single de l'album, au refrain entêtant, à la timide guitare et aux beats résolument martelés. Plus loin encore, on succombe au charme de « Chorus » et ses envolées. Au centre du disque, il y a « Alesia », qui a donné son nom à l'album. Le titre brille d'une épique qui réussit - par miracle, et tant mieux - à ne pas céder sous le poids de son épique forcené.
Enfin, le trio gagnant « Les Hommes et les femmes », « Aquarium » et « Empire » achèverait de convaincre le plus obstinés des dubitatifs. Si le premier de ces titres bénéficie d'un charme quasi spatial et le troisième d'échos de pop british seventies des plus savoureuses, le second s'avère un vrai trésor pop, dans la lignée de Taxi Girl. Des paroles ultra mélancoliques « dans ma baignoire je me noie, oubliez moi») et une mélodie rythmée, presque enjouée, font jouer un contraste beaucoup moins simple qu'il en a l'air.
Cette dernière remarque s'applique à l'ensemble d'Alésia, faussement facile, réellement ambitieux. Et qui mélange, sans tabous ni complexes, les langues anglaise et française, nous livrant un bel exemple de ce qui fut appelé la French Touch, et qui n'est visiblement pas disparue. Avec ce second album réfléchi et hautement mélodique, Pierre Leroux et Victor Le Masne, alias Housse de Racket, s'inscrivent dans le sillon de leurs aînés surdoués de la pop comme Air ou encore Phoenix. Et peuvent aisément tenir tête à des concurrents bel et bien britanniques. À suivre, et à soutenir.
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