La chronique
Plus de voix, moins d’invités, voilà comment Air imagine ce troisième chapitre de leur aventure. La formule à dix titres reste par contre d’actualité. Talkie walkie est issu de la productive année 2003 qui a permis de remplir trois disques.
Mais le tube imparable, descendant direct de «Sexy boy», est situé, comme ce dernier, sur la deuxième plage et s’intitule «Cherry blossom girl». Mélodie accrocheuse, chant léger, Air nous refait le coup six ans plus tard et cela fonctionne toujours aussi bien. Le solo de saxophone qui emportait le morceau sur «Playground love» a été remplacé par la flûte de Magic Malik.
Deux autres apports notables sont à signaler sur ce disque. Celui de Michel Colombier, connu pour avoir travaillé aussi bien avec Pierre Henry, Serge Gainsbourg que Madonna, a participé à l’arrangement des cordes. L’autre touche à retenir est celle de Nigel Godrich. Le producteur a apposé sa patte à l’issu de l’enregistrement de l’autre côté de l’Atlantique. Malgré ces grands noms, la musique du groupe reste sienne. Les douces mélodies s'enchaînent paisiblement sans se heurter.
Rien de prétentieux dans cet album où l’on entend plus le duo chanter, laissant peu de place aux habituels instrumentaux. Certains titres ont une histoire différente des autres. «Alpha beta gaga» est un remix refusé par Madonna, «Mike Mills» un hommage à leur vieux copain des débuts et «Alone in Kyoto» présente la particularité d’apparaître sur la bande originale du film Lost in translation et dans le ballet, Near life experience, d’Angelin Preljocaj. Les artisans délicats des douces envolées électro sont toujours à pied d'œuvre.
Raphaël Richard
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