La chronique
Si les premières bases de leur musique ont été posées avec leurs maxis, Air les officialise avec un premier album aux moyens contradictoires. Enregistré dans un petit studio de Saint-Nom La Bretèche, il bénéficie de l’apport sur deux titres de cordes composées par David Whitaker et captées au studio d'Abbey Road.
Moon safari sort dans 40 pays simultanément alors que le duo n’a publié que cinq titres. Mais la maison de disque avait raison. En commençant par les Anglais, le monde sera convaincu par leurs mélodies rêveuses.
L’instrumental d’ouverture, «La femme d’argent», titre planant qui s'étire en douces variations et effets progressivement dosés, révèle leur légèreté musicale. La basse y rythme d'envoûtantes nappes de mini-moog au-dessus desquelles les phrases de Rhodes se détachent.
«Sexy boy» sera le premier tube du groupe, son ambiance de «dancefloor dans les nuages» est portée par des voix filtrées qui participent également à l’identité du groupe. En deux temps, leur atmosphère si particulière est posée. «Kelly watch the stars», avec la voix vocoderisée de Dunckel, sera l’autre hit qui viendra asseoir la notoriété du groupe.
Les deux membres de Air manient plusieurs instruments, mais sont déjà ouverts aux autres musiciens avec Marlon à la batterie ou la chanteuse américaine Beth Hirsch sur deux morceaux. Malgré ces quelques voix, ce sont les mélodies qui restent en mémoire et le côté musical qui domine. Les dix titres au charme poétique seront plébiscités bien au delà de nos frontières, ainsi que par une victoire de la musique.
Raphaël Richard
Réagissez