La chronique
Chanteuse des matins brumeux et des nuits tièdes, Adrienne Pauly réussit son entrée dans la chanson avec ce démarquage rock qui sied à cette héritière naturelle des grandes voix réalistes, de Fréhel à Edith Piaf.
Sur des textes sur-mesure alignés par Alister qui ajoutent à l’humeur nonchalante et cafardeuse – le brillant « La Fille au Prisunic », relecture moderne du « Poinçonneur des Lilas » – la longue dame en (cuir) noir jette ses fêlures distinguées et sa voix éraillée avec classe. Dans le tube impudique « J’veux un mec », la sauce tourne au rock ‘n’ roll orgasmique ; sur le même thème, « Vas-y viens » vient se téléscoper avec « L’amour avec un con ». La jeune femme sauvage offre quelques moments plus tendres avec « Dans mes bras » et la reprise inattendue de « L’herbe tendre ». Centré sur d’improbables histoires d’amour, ce premier disque d’Adrienne Pauly ne tourne jamais en rond ni ne ronronne : il met au jour une personnalité singulière, « amoureuse et incontrôlable », dans le paysage trop confortable de la chanson actuelle.
Loïc Picaud
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