La chronique
C'est dans la froideur de Berlin que U2 a puisé son inspiration mais dans la chaleur rassurante de Dublin que le travail sera achevé.
Une contradiction audible tout au long de l'album. En novembre 1991, cela fait trois ans que le groupe n'a rien publié de nouveau et Achtung Baby est attendu comme le retour du messie. Et dès la sortie du single « The Fly» quelques semaines auparavant, il est clair que l'évolution à laissé place à une véritable mutation. Pour ouvrir le bal, Bono chante « Zoo Station » à travers un haut-parleur, sa façon d'annoncer au monde entier : voici le U2 des années 90. Le groupe ne se contente pas de s'intéresser au développement technologique, il en devient l'un des maillons que ce soit en studio ou dans l'organisation de tournées spectaculaires. U2 fait table rase du passé et la voix de Bono autrefois pleine de conviction est devenue d'une hypnotisante sensualité. Entre futurisme (« Even Better Than The Real Thing ») et nihilisme (« Until the End of the World »), le nouveau U2 reste une machine à fabriquer des hymnes. Mais quand l'artiste laisse parler ses sentiments (« One », « Love is Blindness »), c'est toujours avec la même sincérité. Pricilia Decoene
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