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Green Day

21st Century Breakdown + 1 titre inédit exclusif

Green Day
Album
Durée : 1 h 11 mn
Genre : Punk, Hardcore
sur 0 votes
Warner, 2009
Label: Reprise
MP3 - poids : 131 Mo
Interprète(s) : Green Day
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MP3
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Écouter un extrait 11 - Murder City (Album Version) 02:54 1,29€
Écouter un extrait 12 - ¿Viva La Gloria? [Little Girl] (Album Version) 03:47 1,29€
Écouter un extrait 13 - Restless Heart Syndrome (Album Version) 04:19 1,29€
Écouter un extrait 14 - Horseshoes And Handgrenades (Album Version) 03:14 1,29€
Écouter un extrait 15 - The Static Age (Album Version) 04:16 1,29€
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Écouter un extrait 17 - American Eulogy: Mass Hysteria/Modern World (Album Version) 04:26 1,29€
Écouter un extrait 18 - See The Light (Album Version) 04:35 1,29€
Écouter un extrait 19 - Favorite Son (Non-Album Track) 02:06 Album uniquement

La chronique

C’est donc dans une atmosphère de transfert de fonds à la Banque de France qu’est édité le huitième album studio d’un groupe américain, qui, ne tarissant pas d’éloges quant aux Clash (et revendiquant pour les sessions qui nous occupent ici les influences conjointes de Bruce Springsteen et de Queen), est essentiellement salué comme ayant répercuté les acquis de Nirvana au royaume bien plus rémunérateur de la pop : avec vingt-deux millions de copies vendues (et trois Grammy Awards pour la postérité), le trio s’avère naturellement bien davantage qu’un simple acte esthétique.

On mesure en outre la pression pesant sur les épaules des musiciens, si l’on considère que leur précédent album American Idiot (2004) reste comme un triomphe, tant commercial, que critique. Green Day a donc décidé de faire jouer l’artillerie lourde : comme son prédécesseur, cette dépression nerveuse à l’usage du 21ème siècle s’avère, non seulement un concept album, mais l’un de ces opéras rock qui a offert quelques chefs d’œuvre (Tommy), et bien davantage de rogatons à l’histoire du rock.

Nous suivons donc, en trois actes et dix-huit chansons (toutes composées par le pianiste, chanteur, guitariste et leader du groupe, Billie Joe Armstrong), la destinée d’un couple (Gloria et Christian), à travers les joies et vicissitudes de l’existence. Il est aisé d’admettre que ces deux personnages de fiction ne font qu’un dans le cerveau de leur créateur, le premier idéaliste, et le second enclin, dans l’atmosphère troublée que traverse un pays toujours en guerre quelque part dans le monde (les États-Unis), à appuyer sur le déclencheur d’une rampe de missiles. Mais il se trouve que ces anciens jeunes gens de Caroline du Nord ont aujourd’hui grandi : désormais trentenaires, les Green Day sont aujourd’hui bien moins nihilistes qu’auparavant, encourageant leurs fans (ces millions d’auditeurs qui, en cette ère de téléchargement, continuent à acheter leurs disques par containers entiers) à se mobiliser pour un monde meilleur.

Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est la capacité du groupe à trousser des refrains définitifs (car, même si la somme de 21st Century Breakdown est supérieure aux parties, c’est bien de chansons dont il s’agit ici), qui les font pénétrer à grands fracas dans le rock le plus classique. Produit par Butch Vig (qu’on a connu aux côtés des Smashing Pumpkins ou de Nirvana), l’album s’autorise quelques digressions surprenantes (un cabaret expressionniste inspiré de Bertold Brecht ou Kurt Weill dans « Viva La Gloria », des écoutes répétées des œuvres complètes de John Lennon avec « Last Night On Earth » et son piano immaculé). De même, on pourra goûter avec suspicion le caractère empesé de certains thèmes, ou un choix systématique pour une production survitaminée, à base de guitares multiples, cordes synthétisées, et autres claviers ravageurs.

Mais, bien heureusement, le disque se recentre très vite sur une musique à haute énergie (le cœur de métier de Green Day), et un parallèle évident tracé vers les très riches heures des Who, et leur batteur dynamiteur en chef Keith Moon. Jamais le projet ne prend le pas sur les chansons, et jamais le sérieux de l’entreprise ne fait oublier aux musiciens ce qu’ils furent à l’origine : des petits punks désireux de conquérir le monde. Avec 21st Century Breakdown (salué par la plupart des littérateurs de par le monde comme un authentique chef d’œuvre), il semblerait bien qu’ils y soient parvenus.  

Christian Larrède

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