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Richard Gotainer

Richard Gotainer

Né à Paris en 1948, Richard Gotainer n’a jamais réellement songé à un éventuel plan de carrière. Ses premières armes d’amuseur public, c’est en classe et chez les scouts qu’il les fait. Adolescent, il se trouve un complice en la personne de Jacky Jackubowicz (futur Enfant du Rock et animateur de Récré A2, du Jacky Show et du Club Dorothée), alors en séjour dans la même colonie de vacances que lui.

A eux deux, les deux ados font les quatre cent coups, commencent à écrire et à jouer quelques sketchs et à enregistrer des parodies de chansons et de publicités de l’époque sur leur magnétophone. Envisageant une carrière dans le spectacle, ils font la tournée des salles et des cabarets, mais se font jeter de partout.

Fils de pub

Inscrit en Faculté de droit, Richard Gotainer s’ennuie sur les bancs de l’Université et abandonne très vite ses études. Vivant de petits boulots (garçon de café, photographe, pigiste, démonstrateur...), il se retrouve par hasard engagé comme enseignant, chargé d’expliquer les mécanismes publicitaires à ses élèves. N’ayant pas réellement d’expérience dans ce domaine, il se découvre cependant des affinités avec le monde de la réclame. C’est au sein de l’agence J. Walter Thompson qu’il fait ses premiers pas en tant que concepteur-rédacteur. Pas très intéressé par l’aspect « marketing » de son métier, c’est surtout la création pure qui le motive. Mais l’expérience ne dure qu’un an, car ses slogans, pour originaux qu’ils sont, ne trouvent pas preneur.

Renvoyé en 1974, il fonde avec Jacques Gaudillat, son ancien directeur de création chez Thompson, sa propre agence, Gatkess Production, spécialisée dans la conception de jingles et de slogans sonores. Les premiers temps sont difficiles, mais finalement, l’univers très particulier du duo trouve ses premiers amateurs et bientôt plusieurs grandes marques viennent sonner à la porte de Gatkess pour acheter les services de Richard Gotainer. Eram, Phildar, Saupiquet, Garbit, Lee Cooper et Banga sont quelques-unes des marques dont les jingles publicitaires ont marqué les années 1970 et 80 et dont Richard Gotainer est l’auteur.

Porté sur la rime, le clin d’œil et le vocabulaire faussement enfantin, Richard Gotainer accouche de quelques belles accroches, parfois imitées, rarement égalées. « Y’a des fruits, y’a de l’eau », « On se lève tous pour Danette », « Saupiquet, Saupiquet », « Buvez, éliminez » ou « Miam-miam, sirop Pam-Pam » préfigurent l’univers musical dans lequel évoluera ensuite Richard Gotainer : des rythmiques guillerettes, des paroles joyeuses et surtout une bonne humeur contagieuse. Ne prenant pas vraiment la pub au sérieux, il se concentre surtout sur la musique et les textes aux côtés du musicien Claude Engel, qu’il rencontre en 1976 et qu’il ne quittera plus, en faisant son compositeur attitré.

Le chanteur zazou

En 1976, l’attrait pour la chanson est le plus fort et Richard Gotainer décide de se lancer avec un premier 45-tours : « Le Moustique », bientôt suivi par un album, Le Forgeur de Tempos, inspiré d’un album de Marcel Gotlib. Le public découvre cet étrange binoclard chantant aux textes plein de fantaisie comme « Too moo » ou « L’empereur du flipper ». Contes de Traviole, en 1979, confirme le potentiel de sympathie que le personnage est capable de susciter auprès d’un public nombreux qui apprécie les morceaux guillerets (« Polochon blues » ou surtout « Tout foufou ») de l’ex-publicitaire.

C’est grâce Coluche, qui apprécie son travail, que Richard Gotainer monte pour la première fois sur scène, au Café de la Gare avant que les sollicitations, de plus en plus nombreuses, des organisateurs de spectacles, ne le mènent à l’Olympia, lorsque Eddy Mitchell lui propose d’assurer sa première partie. Sortant essentiellement des 45-tours, Richard Gotainer connaît ses plus grands succès au début des années 1980 avec des titres comme « Zazou », « Le Mambo du décalco », « Trois vieux papis », « Youpi, youpi, youpi » ou « Capitaine Hard Rock » dans lesquels il délaye son style personnel si particulier.

Chants Zazous, en 1982 compile tous ses succès de la période 1980-1981 et devient l’un des disques les plus vendus de l’année. Dans le même sortent plusieurs disques pourtant parmi les plus connus de Richard Gotainer comme « Le Sampa » (présent sur la BO du Maître d’école de Claude Berri avec Coluche et Charlotte de Turckheim dans lequel Gotainer fait une apparition sous les traits d’un animateur de mariage), « Le Youki » ou « Primitif », qui ne seront pourtant pas repris sur un album avant La Planète des Singles en 2006.

Sachant jouer avec les mots et leurs sens, Richard Gotainer multiplie les sous entendus explicites dans ses chansons, sans que ceux-ci ne soient cependant choquants ou même vulgaires, devenant par là même le premier chanteur pour adultes écoutable sans danger par les enfants.

Saupiquet et Astérix

En 1985 sort l’un des albums les plus étranges de la carrière du chanteur. Poil à la Pub n’est pas réellement un disque de chansons, mais une compilation de tous les jingles et autres slogans enregistrés par Richard Gotainer lors de sa carrière de créatif (qu’ils aient été acceptés ou non par les marques). S’il peut paraître étonnant de commercialiser un album composé uniquement de petites ritournelles à la gloire de friteuses, de couscous en boîte ou de boissons parfumées à l’orange, le résultat n’en reste pas moins « gotainerien » dans l’âme : mélodies afros ou synthétiques dans l'air du temps, paroles rigolotes et grosse dérision. S’il n’a jamais réellement pris au sérieux les produits qu’il était chargé de vendre, Richard Gotainer n’en est pas moins resté un compositeur doué et original et l’on se surprend parfois à regretter que quelques petites chansonnettes publicitaires brillantes ont été refusées par un annonceur qui leur préférait une version bien plus fade.

Vive la Gaule, en 1987, déçoit un peu. S’il reste globalement distrayant, cet album de commande, monté sous la houlette d’Albert Uderzo et rendant hommage à l’univers d’Astérix, s’avère un peu trop opportuniste pour être honnête. Richard Gotainer est un admirateur sincère des aventures du petit Gaulois, mais son travail avec le compositeur Eric Kristy (imposé par Uderzo) est loin des fulgurances que le chanteur pouvait atteindre avec les musiques de Claude Engel. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas en boudant en masse cet album dont il perçoit les ressorts plus mercatiques qu’artistiques.

Au cinéma

S'intéressant au cinéma, Richard Gotainer participe à l’aventure Bienvenue au tas de sable de Didier Grousset, en 1989, dont il a écrit le scénario, composé la bande originale et dans lequel il joue aux côtés de Jean-Paul Muel et Ged Marlon. Le film est un échec et Richard Gotainer, mécontent du travail du réalisateur, est le premier à le regarder d’un œil critique, mais quelques extraits restent cependant anthologiques, notamment le fameux « Combat de Rock » qui voit Gotainer affronter un Django Edwards maquillé en chanteur de hard rock FM (et doublé pour l’occasion par le chanteur de Trust, Bernie Bonvoisin) sur un ring devant un parterre de rockeurs déchaînés. Pas mauvais acteur, Gotainer récidive devant la caméra à quelques reprises, notamment pour les besoins de La divine poursuite, de Michel Deville, L’hygiène de l’assassin de François Ruggieri ou Opération Bugs Bunny de Michel Hassan, souvent dans des seconds rôles comiques assez convaincants.

Tout chez lui l’habite

En 1990, Ô Vous est surtout popularisé par le titre « Femmes à lunettes », là encore à double sens, mais est unanimement jugé – en tant qu’album – moins bon que ses prédécesseurs. Petite baisse de forme pour le chanteur qui revient en 1992 avec un excellent D’amour et d’Orage, album poétique, moins absurde que la production antérieure. S’il se veut plus intimiste, D’amour et d’Orage n’en comporte pas moins quelques titres assez typiques de l’humour très monty-pythonesque du chanteur comme « Etrange rigodon », « Bye bye clope », « J’crie pas, j’explique » ou le titre-mystère (présent sur la dernière plage sonore du CD) « Tout chez moi l’habite ».

Moins présent dans les grands médias, Richard Gotainer n’en reste pas moins actif et, s'il est plus rare sur les plateaux de télévision, c’est surtout en concert avec le Gotainer’s Band qu’il continue à se produire devant son public, notamment au Casino de Paris. Elle Est Pas Belle, la Vie ?, en 1994, permet au chanteur de composer quelques tubes dignes de la grande époque tels « Nadine à oilpé » (où, tout en imitant l’accent arabe, Richard Gotainer parvient à éviter l’écueil du racisme), « Les Aoûtats » ou « L’automodébile ». Révélant sa sensibilité écolo, il enregistre Tendance Banane en 1997 dans lesquels on retrouve « Paris, tu pues » ou « Soleil, fais moi ma fête ».

L’intégrale

S’ensuivent alors quelques années de « blanc » pendant lesquelles Richard Gotainer revient à son métier de publicitaire, tout en tournant occasionnellement et reprenant ses anciens tubes. Ce n’est qu’en 2004 qu’il revient avec une très étrange et très décalée comédie musicale, La Goutte au Pépère, dans laquelle il interprète neuf personnages sur scène.

En 2006 sort enfin, Gotainer l’Intégrale sort enfin sous la forme d’un coffret de douze CD, dont l’inédit « La Planète des singles », une compilation regroupant tous les titres sortis à l’époque en 45-tours jamais réédités sur un album comme « Le Youki » ou « Primitif ». Le tout est directement achetable sur le site Internet de l’artiste. Une manière idéale (quoi qu’un peu douloureuse : l’ensemble est à 180€) de découvrir l’œuvre de ce génial névrosé totalement atypique dans le paysage musical français.

Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre


 

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