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Plastiscines

Plastiscines

Quatuor issu de Saint-Cyr-l’Ecole, riante commune des Yvelines jusque-là peu connue pour la richesse de sa production Pop-Rock, Zazie, Katty et Marine sont trois jeunes filles biberonnées aux sons Pop véhiculés par les Beatles, les Strokes ou les B-52’s. Entre deux cours, le trio, composé de deux guitaristes (Marine et Katty) et d’une batteuse (Zazie) tape le boeuf, compose et fait ses premières armes dans un studio généreusement prêté par l’une des relations du groupe.

Peu portées sur les accords complexes, les filles, à l’image de groupes punk-rock minimalistes comme The Presidents of the United States of America ou Sum 41, se contentent de jouer sur quelques cordes et compensent le faible niveau musical de leurs compositions par une énergie et une pose de « mauvaises filles » mal embouchées à contre-courant de leurs origines plus que bourgeoises. Gamines dorées et rebelles, les futures Plastiscines courent les salles de concert et les bars lounges de la région parisienne afin de tester leur répertoire devant un public. Inspirées par le titre « Lucy In The Sky With Diamonds » des quatre garçons dans le vent de Liverpool, elles en tirent le nom de Plastiscines qui, sonnant bien à l’oreille, leur inspire leur nom de scène. Rencontrant une bassiste (Louise) lors d’un concert des Libertines, les Plastiscines sont désormais prêtes à conquérir Paris.

Les quatre filles du docteur marchent

Premiers concerts, premières représentations, les quatre ugly girls parviennent à imposer deux de leurs titres(« Shake » et « Rake ») sur la compilation « Paris Calling », un recueil dédié à la nouvelle scène rock francilienne aux côtés de The Parisians, The Rolls ou Second Sex. Repérées par le producteur Maxime Schmitt (qui n’est pas tout à fait un étranger pour certaines des membres du quatuor), ancien coach de Taxi Girl, les filles se font rôder sur de grandes scènes en première partie d’Indochine avant d’entamer l’écriture et la composition d’un premier album en 2004. Look néo-punk made in XVIe arrondissement, poses de sales gamines et jupettes colorées, les Plastiscines constituent un groupe visuel autant que musical, à l’apparence post-sixties immédiatement reconnaissable. LP1, sorti début 2007, présente l’originalité de ne durer que vingt-six minutes pour pas moins de treize titres. Deux minutes en moyenne, la critique estime que les filles se contentent du minimum syndical, d’autres préfèrent dire que l’expérience est « conceptuelle ». Pur hommage aux anciens combos féminins des années 1970 et 1980, LP1 est soutenu à bout de bras par le magazine musical Rock & Folk, au sein duquel quelques membres du groupe disposent de contacts privilégiés. Pistonnées, les Plastiscines ? Elles ne le nient pas vraiment et ont au moins le cran d’assumer leur carnet d’adresses. Mais leur côté « filles à papa rebelles » fait aussi partie du marketing et de la démarche artistique des Plastiscines, qui captent un public à la fois en marge de la jeunesse NAP (pour Neuilly-Auteuil-Passy) lassée ne n’avoir le choix qu’entre les chanteurs à textes néo-réalistes à la Bénabar, les vieux de la vieille façon Noir Désir ou Indochine, le Hip-hop de faux rebelles ou la Tektonik, fatigante à danser et qui laisse des auréoles sous les bras. Il existe donc une audience pour un groupe de filles, aux paroles faussement candides, parfois un peu crues, toujours teintées d’un féminisme peu revendicatif mais affirmé (« Loser ») ou d’un romantisme post-punk assez échevelé.

Sophistiquées, dotées d’une esthétique bien particulière, à la fois glam et chic, ces femmes-enfants des quartiers huppés, héritières des Libertines, Les Calamités ou The Runaways, sortes de filles épicées version rock dégingandé constituent en quelque sorte l’anti-Diam’s dans la terminologie musicale féminine du début des années 2000. De « Jeune demoiselle recherche » à « Loser », il y a effectivement une dichotomie entre ces deux facettes de la musique pour demoiselles en quête d’identité. On est loin du féminisme d’une Olympe de Gouges, mais les chipies restent éternelles !

Copyright 2012 Music Story Benjamin D'Alguerre


 

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  • http://plastiscines-lp1.skyrock.com/
  • http://www.myspace.com/plastiscine
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