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NTM

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Dans une cité de Saint-Denis au milieu des années 80, Didier Morville (alias Joeystarr) et Bruno Lopes (alias Kool Shen) partagent une passion commune pour la danse hip hop, découverte au Trocadéro en 1983 lors du passage de danseurs américains, puis le graffiti. Tout semble séparer les deux hommes : le premier vit au cœur de la cité avec son père antillais, autoritaire et violent. Ecorché vif et épris de liberté, il quitte le domicile paternel, s’essaie aux trafics en tous genres et à la drogue. Le second est un sportif chevronné, grandit dans une résidence aux abords des blocs HLM au milieu d’une famille de la classe moyenne d’origine portugaise.

La musique s’immiscera plus tard dans leur relation, mais déjà le sigle NTM (Nique Ta Mère) fait parler de lui, les deux amis taguant les trois lettres sur les murs et rames de la ligne 13 du métro parisien. Cette activité de l’ombre dure trois ans. A l’été 1989, le Suprême NTM se constitue enfin autour de Joeystarr, Kool Shen, Dj ‘S’ et de quelques textes écrits dans la cuisine des parents de Kool Shen.

Leur premier concert, en ouverture du groupe Assassin – ces autres pionniers du mouvement rap en France, amis et complices d’NTM –, leur assure une réputation immédiate. Le duo de rappeurs enchaîne les freestyles au cours de l’émission de Dee Nasty le dimanche soir sur Radio Nova.

Leur premier titre, « Je rap » (enregistré en douce dans les locaux de l’Ircam) est la révélation de la première compilation Rapattitude. Les événements s’accélèrent pour le groupe, qui foule déjà la scène de l’Olympia en avril 1990 (en première partie de La Souris Déglinguée), s’offre pour un temps les services du manager Franck Chevallier – attaché de presse chez Jean-Paul Gaultier et mari de Nina Hagen –, fait sa première apparition télévisuelle et signe un contrat discographique chez Epic en juillet 1990. Le jeune Sébastien Farran, âgé seulement de 19 ans et artisan de cette signature, devient leur manager attitré pour le reste de leur carrière.

L’ascension du « Suprême » est dès lors météorique. Avant même la parution du premier disque, le groupe jouit d’une confortable avance financière. Ce qui déstabilise un Joeystarr sans compte en banque ni domicile fixe (il dort encore régulièrement dans le métro) : « Lorsqu’on me donne ce chèque [20 000 francs, le premier cachet du groupe], je le glisse dans ma poche sans avoir l’intention de revenir. Dans ma tête, j’ai fait un casse […]. Plus cartésien, Kool Shen saura me convaincre qu’il y a un disque à faire. »

Le maxi Le Monde de Demain sort la même année : 30 000 exemplaires sont écoulés en deux semaines. Constitué des premiers titres du groupe, « Le Toucher Nique Ta Mère », « Le Pouvoir » et surtout « le Monde de Demain », le disque condense ce mélange de rage et de lucidité amère qui caractérise le style NTM. A la veille des émeutes de Vaulx-en-Velin, sa formidable capacité à « sentir » le climat social fait déjà mouche (« …va faire un tour dans les banlieues/Regarde ta jeunesse dans les yeux/Toi qui commande en haut lieu »). Le premier album, Authentik, sort en 1991 et précède 6 mois d’une tournée marathon passée par New York (au Palladium) et se terminant triomphalement au Zénith au début de l’année suivante.

L’énergie du duo donne sa pleine mesure sur scène, en grande partie grâce au charisme de Joeystarr. Il peut, comme au Zénith en 1992, stopper la musique et haranguer des milliers de personnes après avoir été victime d’un énorme trou de mémoire. « Ce soir-là, Kool Shen m’avait dit franchement, je te respecte. Je m’étais vautré, j’avais engueulé les gens, puis j’étais parvenu à remettre tout le show au top. », confiera-t-il plus tard.

Perfectionniste acharné, Kool Shen contrôle, lui, la production studio, de plus en plus ambitieuse à partir du deuxième album, 1993…, J’appuie sur la gâchette. La chanson éponyme, premier single, parle crûment de suicide. Le titre, comme le clip tourné de main de maître par le photographe Seb Janiak, fait immédiatement l’objet d’une censure. Les ventes de ce deuxième opus sont décevantes, mais la réputation du groupe s’élargit.

En restant authentique et « dur » (hardcore), le groupe affiche une nouvelle maturité avec « Tout n’est pas si facile », ode nostalgique aux heures pionnières du hip hop. Ce single précède l’album Paris Sous les Bombes sorti en 1995. Les clips de « Tout n’est pas si facile », ainsi que « la Fièvre » et « Qu’est ce qu’on attend », sont signés par Seb Janiak et regroupés dans un court-métrage nommé « Paris Sous les Bombes ».

Auréolé d’un double disque d’or en 1996, ce troisième opus ouvre l’ère des ventes pharaoniques pour NTM mais également celle des déboires judiciaires : le groupe participe au « Concert des libertés » de la Seyne-sur-mer, organisé le 14 juillet pour protester contre l’élection d’une municipalité Front National à Toulon. Au moment d’entamer le morceau « Police », Joeystarr et Kool Shen lancent une série d’invectives à l’adresse des agents de police présents. Ceux-ci portent plainte, et le groupe est condamné à de lourdes peines pour propos outrageants envers les forces de l’ordre, finalement allégées par la cour d’appel d’Aix-en-Provence. L’affaire suscite un écho démesuré dans les médias : on en parle jusque sur CNN… Dès cette période, NTM devient un phénomène de société, pour de bonnes comme de mauvaises raisons. Deux ans plus tard, Joeystarr défraie encore la chronique judiciaire : deux mois de prison ferme pour avoir frappé une hôtesse de l’air.

Fait remarquable pour des rappeurs français, la réputation musicale du groupe traverse l’Atlantique à cette époque. Impressionné par le duo, le rappeur new-yorkais Nas décide d’enregistrer avec eux un titre et une vidéo. Le single, « Affirmative Action Seine-Saint-Denis Remix », est un succès (200 000 exemplaires) et contribue à faire connaître – un peu – NTM dans une Amérique peu ouverte au rap étranger.

A l’été 1997, NTM entre en studio à Paris afin d’enregistrer le quatrième album qu’ils produisent eux-mêmes. L’attente est considérable. Et le succès immense dès la sortie de Suprême NTM en avril 1998 : 40 000 disques sont vendus dès le premier jour. Un magazine de 100 pages, AUTHENTIK, est édité et distribué chez les disquaires. Il fait la part belle à diverses personnalités publiques – dont celle du politicien de droite Eric Raoult ! – et aux thèmes chers au groupe comme le Graffiti. La tournée à suivre consacre ces vétérans du hip hop, qui prouvent une nouvelle fois qu’ils n’ont pas d’équivalent en la matière. Le concert d’anthologie du Zénith en 1998 fait l’objet d’un cd live deux ans plus tard.

Les liens entre Kool Shen et Joey Starr, trentenaires au sommet de sa carrière, finissent par se distendre. Depuis longtemps déjà, les deux acolytes n’écrivent plus ensemble. Dès 1998, chacun crée son propre label : IV My People pour Kool Shen, BOSS pour Joey Starr. Les doutes et les tensions se multiplient. Le documentaire réalisé par Alain Chabat et Sear (fondateur du fanzine Get Busy), « Authentiques », lève une partie du voile.

A partir de 2001, NTM n’existe plus. Chacun mène sa propre carrière et publie son album solo : Kool Shen en 2004, avant d’annoncer sa retraite l’année suivante –mais des rumeurs l’annoncent sur le retour– ; Joeystarr en octobre 2006 avec l’album Gare au Jaguarr et un grand retour sur scène. Avec un recul de près de dix ans, l’œuvre du Suprême NTM a conservé son extraordinaire puissance cathartique, sa pertinence dans le constat social et semble à peu près indépassable. L’authenticité et la fidélité aux valeurs du hip-hop, si souvent foulées au pied par d’autres représentants du rap dur français (Stomy Bugsy, Passi, Doc Gynéco…), expliquent, en partie, cette exceptionnelle longévité.

Après un retour annoncé en grande pompe sur le plateau du Grand Journal de Canal +, NTM donne une série de concerts en 2008, dont trois à guichets fermés au Palais Omnisports de Paris-Bercy. Sans qu'une suite studio ne soit certaine, NTM sort On Est Encore Là - Bercy 2008 à la fin de l'année 2009. Entre temps, JoeyStarr est condamné le 12 septembre à une peine de deux ans de prison, qu'il effectue sous un régime de semi-liberté.


Copyright 2014 Music Story Jérôme Pichon


 

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