Quel est le point commun entre un cuisinier, un manœuvre dans le BTP, un infographiste et un chanteur ? Un seul homme dénommé Yves Jamait. Il naît le 28 octobre 1961 à Dijon dans une famille modeste. Sa mère célibataire doit s’occuper seule de ses trois enfants. Frotté très jeune à la réalité du travail, le jeune homme fait pendant longtemps tous les boulots sans s’affirmer en tant qu’artiste. Il officie également à l’usine qu’il quittera à la suite d'un licenciement. En 1998, Yves Jamait forme son premier trio, De Verre En Vers. En 2003, le groupe change de nom en Jamait et sort un premier album autoproduit
De Verre En Vers…Un titre pour le moins évocateur.
Certes, le bistrot apparaît comme l’un des piliers de leur inspiration dans
« Et je bois » et
« Le Bar de l’univers ». Mais il n’est pas seulement question d’étancher sa soif en écrivant des rimes. On y parle aussi sous la plume poétique d’Yves Jamait, du dimanche avec sa « gueule moche », de la condition ouvrière (
« Y’en a qui »), de l’amour enfui (
« Ok, tu t’en vas ») et de la beauté féminine (
« La fleur de l’âge »).
De Verre En Vers est réédité en 2005 chez Wagram Label, l’album se vend à 60 000 exemplaires, un succès inattendu qui crée la surprise.
Joli coquelicotJazz, java, musette, tango, rock, l’artiste ne cache pas ses influences tout en fabriquant des mélodies inspirées. Jamait, OVNI nostalgique de la chanson réaliste populaire ? Le timbre de voix usé d’Yves rappelle, lui, parfois celui de Maxime le Forestier. Et ce n’est peut-être pas un hasard car le chanteur a beaucoup écouté dans sa jeunesse l’auteur de
« Mon frère ». On y entend aussi du Bernard Lavilliers qui a chanté à sa manière le travail ardu des « mains d’or ».
Sur scène, le charismatique Yves est accompagné de son groupe : Yvon Cherry (basse), Marc Benabou (batterie), Laurent Delort (guitare acoustique-électrique), Christophe Marozzi (accordéon) et Didier Grebot (directeur artistique-metteur en scène). Après deux Zénith de Dijon (mars et décembre 2006), l’Olympia de Paris (juin 2006) et de nombreuses dates, le groupe sort son deuxième album
Le Coquelicot. On y trouve des chansons autobiographiques, sur la « vieille Dijon » et sur le père d’Yves qu’il n’a connu qu’à sa mort (magnifique
« Vierzon »).
Jamait par hasardLe groupe a beau sortir son troisième album, il l’a intitulé
Je Passais Par Hasard. Et le hasard n’y est plus pour grand-chose à ce stade de leur parcours. Cette fois-ci, le disque paraît sous le nom d’Yves Jamait, même si l’artiste reste fidèle à ses musiciens. Une fois encore, la grande qualité des textes n’est pas démentie dans
« Des mains de femmes » et
« Les Mots chocolat ». Sur ce titre, le chanteur a convié sa petite fille à partager son bonheur d’artiste. Avant de reprendre la route. France-Bleu offre en octobre 2008 une carte blanche à Yves Jamait avec plusieurs invités dont Anne Sylvestre et Vincent Rocca.
Le chanteur est en tournée jusqu’en janvier 2009. Le couvre-chef vissé au crâne, chantant la tête haute sa vie et celle des autres. A la fin de l'année paraît le double album
En Concert, résultat de cette longue tournée.
Copyright 2010 Music Story Paula Haddad
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