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Didier Barbelivien

Didier Barbelivien

Ironiquement, celui qui sera amené à chanter « Quitter l'autoroute pour voir les villages de France » est né en plein coeur de la capitale en 1954. Fils de commerçants pas spécialement mélomanes, Didier Barbelivien ne connaît guère, durant son enfance, d'autre source d'inspiration musicale que les 45 tours qu'il achète et les cours de solfège dispensés à l'école.

Désireux de devenir chef d'orchestre, il échoue cependant son entrée au Conservatoire et, tout en suivant ses études au lycée, il se lance dans la composition freelance, seul dans son coin et ose enfin proposer ses textes à une maison de disques,en l'occurrence Polydor. Parmi les morceaux proposés, « Je t'aime nue » retient l'attention du producteur Jean-Max Rivière qui choisit de donner sa chance au lycée en le faisant entrer en studio. Le 45 tours est un échec, mais Didier Barbelivien a pu voir la réalité du fonctionnement des maisons de disques de l'intérieur et, tout en caressant encore quelques idées de carrière, s'inscrit en fac de Droit afin d'assurer son avenir. L'étude de l'autorité de la chose jugée et de la pertinence des contrats synallagmatiques n'empêchent cependant pas l'aspirant juriste à noyer les maisons de disques sous ses projets et ses partitions originales.

Le stakhanoviste de l'écriture

Le pari est réussi lorsqu'en 1975 le producteur de Gérard Lenorman accepte de faire enregistrer le titre « Et moi je chante » à son poulain avec un certain succès. Dès lors le chanteur repère le jeune compositeur prodige et lui commande le titre « Michèle » en 1976, en n'oubliant pas de faire la pub de Barbelivien dans son entourage. Grâce au coup de pouce de Lenorman, le compositeur croule très vite sous les commandes d'autres pointures de la chanson française de l'époque comme C. Jérôme (« Quand tu danses », 1976), Marie Laforêt (« Mélodie américaine »), Johnny Hallyday (« Elle m'oublie », 1978), Eric Charden (« L'Eté s'ra chaud »), Hervé Vilard (« Je m'en balance ») ou encore Michèle Torr (au répertoire de laquelle il contribuera énormément, de « J'aime » à « Boulevard du rock »).

D'autres artistes comme François Valéry, Vicky Léandros ou Mireille Mathieu profitent également de l'imagination débordante qui manie parfaitement tout le panel de la variété française, du plus soigné au plus flon-flon. S'il n'est pas devenu chef d'orchestre, Didier Barbelivien n'en est pas moins le maître d'oeuvre de quelques-uns des titres les plus emblématiques des artistes de sa génération. Reconnu par ses pairs et devenu quasiment indispensable au bon fonctionnement du show-business hexagonal, Le compositeur n'en tente pas moins de poursuivre en parallèle une carrière solo, sous son nom propre, mais avec largement moins de succès. Son visage reste, auprès du public, celui d'un illustre inconnu et les rares spectateurs qui se déplacent lors de ses concerts n'imaginent qu'avec peine que c'est l'auteur de « La vie est belle, le monde est beau », « Et tu danses avec lui », « Midnight Lues en Irlande » ou « Discomotion » qui se produit devant eux.

Carrière personnelle et contributions extérieures

Barbelivien persiste cependant à être autre chose que la simple plume du gratin musical français. Mais ce n'est qu'en 1980 avec Elle, et surtout en 1982 avec Elsa qu'il obtient enfin une reconnaissance publique personnelle pour son travail. Une carrière individuelle qui ne l'empêche pas de rester le compositeur quasi attitré de toutes les vedettes de la chanson au cours des années 1980. Oeuvrant autant pour les étoiles filantes du moment (Phil Barney : « Un enfant de toi » ; Jean-François Michaël : « Sentiments »...), que pour les vieux routards comme Michel Sardou (« Marie-Jeanne »...), Enrico Macias (« Le mendiant de l'amour », « La France de mon enfance »...), il contribue également au retour gagnant de quelques stars oubliées comme Michel Delpech, qu'il admirait étant jeune (« Pleurer le chanteur »), Dalida (« Une femme à quarante ans ») ou Jeane Manson (« Dis jamais goodbye »). Et lorsqu'il se sent d'humeur Caraïbes, c'est au service de Gilbert Montagné (« Les Sunlights des tropiques ») ou de Philippe Lavil (« Il tape sur des bambous »). Totalement indispensable à la variété française, Barbelivien laisse quelque peu de côté sa propre carrière au cours des années 1980, obnubilé qu'il est à l'écriture pour les autres.

Le Chouan

À la fin des années 1980, le chanteur Félix Gray s'est illustré avec le tube « La Gitane », morceau qui, de l'avis général avait tout l'air d'être un one shot. Barbelivien, qui a eu l'occasion de sympathiser avec lui, lui propose une association à but lucratif qui se solde par l'enregistrement d'un morceau, « A toutes les filles », qui cartonne sur toutes les ondes, au point d'en être parodier par Les Inconnus, alors superstars de l'humour hexagonal. Énorme succès pour ce slow langoureux sur lequel nombre de couples s'enlacent lors de l'été 1990 qui relance la carrière de Didier Barbelivien, alors reconnu très largement comme compositeur, mais dont la carrière solo végète depuis près d'une décennie (succès qui, en revanche, ne permet pas à Gray de prendre un nouveau départ, ce dernier s'enfonçant par la suite dans l'oubli).

En 1993, Barbelivien, qui a toujours eu une certaine sensibilité romantique pour la cause royaliste enregistre l'album « Vendée 93 » rendant hommage aux Chouans et à leur lutte contre les armées républicaines, de manière évidemment partisane (la Vendée pré-Révolutionnaire décrite par l'auteur, c'est un peu le pays des Bisounours menacé par d'horribles Terminators révolutionnaires). Si l'album n'est qu'un succès en demi-teinte, le morceau « Les mariés de Vendée », enregistré avec la chanteuse Anaïs, lui, s'écoule plutôt bien. Sa collaboration avec Anaïs ne s'arrête d'ailleurs pas là, puisqu'il enregistre, à la suite, le single « Quitter l'autoroute », vantant le charme des campagnes françaises.

S'il semble destiné à connaître le succès grâce à ses duos, Barbelivien n'en oublie cependant pas sa principale activité de compositeur, sollicité qu'il est par personne de moins que monsieur Gilbert « cent mille volts » Bécaud. Pour lui, il écrit « De Only You à Maintenant », qui sera l'un des derniers grands succès de l'artiste dont les fans transformèrent jadis l'Olympia en champ de bataille. En revanche, son album solo en hommage aux quatre scarabées de Liverpool, « Yesterday les Beatles » passe globalement inaperçu. Par ailleurs, Barbelivien ne dédaigne pas la littérature, sortant trois romans au cours de sa carrière, et compose quelques musiques de films, notamment pour Claude Lelouch (Itinéraire d'un enfant gâté, Les Misérables...)

De Ferré à Sarkozy

En 2001, Didier Barbelivien revient sur le devant de la scène avec deux albums consécutifs, Chanteur Français et Les Années 70, ce dernier reprenant une grande partie de ses premiers titres ignorés à l'époque. Opportuniste, certes, mais payant, Les Années 70 s'avère être un petit succès dans les bacs et la plupart des anciens titres du chanteur s'offrent ainsi une deuxième jeunesse. Léo, en 2003, se veut un album hommage à Léo Ferré, dont il reprend la plupart des tubes, avec, en outre, quelques inédits issus de sa propre plume.

En 2004, le spectacle musical Les Enfants du Soleil , mis en scène par Alexandre Arcady, est une rétrospective de l'exil des pieds-noirs d'Algérie. Toujours aussi inspiré au service d'autrui, Barbelivien s'attelle à nouveau à la composition de morceaux pour Michel Sardou en 2005 et signe quelques titres de l'album L'Homme Que Je Suis, du latin lover Julio Iglesias. Son propre album, Envoie Les Clowns, une oeuvre un peu naïve mais pleine de sincérité rencontre également le succès la même année.

S'il ne cache pas sa proximité avec le candidat Nicolas Sarkozy au point de le soutenir officiellement lors de sa campagne, il n'en reste pas moins beaucoup plus en retrait de que de nombreux peoples. Cependant, victime collatérale de la chute brutale de la popularité du chef de l'état, Barbelivien paye son soutien à un Président controversé en constatant une très réelle baisse d'affection de son public et est obligé de distribuer les places gratuites et places à tarifs réduits (pour les adhérents de l'UMP !) afin de remplir les salles lors de ses concerts, l'audience se montrant dubitative. Une tournée sera même annulée, officiellement pour des raisons techniques.

Etat des Lieux, sorti en 2007 fait toutefois un score honorable, preuve que, malgré tout, son public ne lui tient pas tant que ça rigueur de ses affinités politiques, l'artiste faisant même grincer quelques dents au Quai d'Orsay en sortant le titre « Tibet 2008 » à quelques mois des Jeux Olympiques de Pékin.

Après Atelier D'Artistes en 2009, Didier Barbelivien rend hommage à ceux qui l'ont inspiré durant sa carrière dans Mes Préférences, paru en 2011, par la voie de chansons originales sur Jean Ferrat (« Jean de France »), Georges Brassens, Claude Nougaro, Barbara, John Lennon, Marilyn Monroe et Michael Jackson. Dernier volet d'une trilogie consacrée aux idoles, influences et amis du métier, Dédicacé sorti en 2013 évoque les destinées de Claude François (« Tant qu'il y aura des chansons »), Hervé Vilard, Christophe, Aimé Césaire et Léopold Sedar-Senghor et autres noms de son propre panthéon.

Auteur incontournable pour tout ce que la variété française compte de chanteurs, Didier Barbelivien a longtemps vu sa propre carrière occultée par celle de ceux pour qui il écrivait. La plume de l'ombre s'est bien rattrapée depuis.

Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre


 

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